Septembre. L’agenda se remplit à nouveau, les enfants reprennent le chemin de l’école, le rythme bordelais reprend ses droits. Et vous, au milieu de tout ça ? Cette rentrée, on vous propose une pause qui ne ressemble à aucune autre : cinq livres, cinq voix de femmes, pour se reconnecter à soi avant de repartir dans le tourbillon.
1. « Tu m’avais promis » de Maud Ankaoua
Qui n’a jamais gardé, quelque part, une promesse en suspens ? Celle qu’on s’était faite à soi-même, ou qu’on avait faite à quelqu’un d’autre, et qu’on n’a jamais pu honorer complètement. Dans ce roman, un père tient enfin l’engagement pris à sa fille: direction le Kenya, où un voyage promis devient bien autre chose : une traversée intérieure.
Ce livre nous rappelle une évidence qu’on oublie trop souvent sous la charge mentale : il n’est jamais trop tard pour honorer ce qu’on se doit à soi-même. Un roman doux-amer, parfait pour les longs trajets jusqu’au travail.
2. « Le ciel de Bay City » de Catherine Mavrikakis
On dit souvent que le temps guérit tout. Ce roman puissant en doute farouchement. Dans une petite maison de tôle américaine, deux sœurs venues d’Europe tentent de refaire leur vie après la guerre. Mais le passé, lui, refuse de rester enterré.
Un texte exigeant, presque brutal dans sa lucidité, mais terriblement actuel pour toutes celles qui ont grandi dans des familles où l’on préférait le silence à la vérité. Combien d’entre nous portent encore, sans le savoir, l’histoire tue d’une mère ou d’une grand-mère ? Ce roman parle de transmission, de ce qu’on hérite malgré nous, et de la nécessité, un jour, de regarder le ciel en face, même quand il reste indifférent à notre douleur.
3. « Choses que je croyais perdues » de Clémentine Mélois
Un déménagement après une rupture, des cartons à remplir, et dans chaque objet manipulé, un souvenir qui remonte. Voilà le point de départ de ce roman aussi drôle que mélancolique.
Il nous rappelle d’une manière élégante que se délester n’est jamais qu’une affaire matérielle : c’est aussi apprendre à faire la paix avec les versions passées de soi-même, sans les renier. Idéal pour celles qui, cette rentrée, ont justement décidé de faire du vide, dans leur dressing ou dans leur tête.
4. « Trois femmes puissantes » de Marie NDiaye
Prix Goncourt oblige, celui-là, vous l’avez peut-être déjà croisé en librairie. S’il fallait n’en garder qu’un dans cette sélection pour sa force, ce serait sans doute celui-ci. Trois femmes, trois continents, trois vies et un même fil rouge : le refus de l’humiliation, envers et contre tout.
Ce qui frappe, c’est la diversité des formes que peut prendre le courage féminin. On y retrouve, en filigrane, la Gironde, ce qui donne à ce texte universel une résonance particulièrement locale. Un roman à mettre entre toutes les mains, notamment celles de nos filles : un rappel qu’on peut être puissante sans jamais élever la voix.
5. Bordeaux Mme. N°112
Et parce qu’on ne vous demande pas de vous couper du monde tout un mois, on glisse dans votre sac le dernier numéro de Bordeaux Madame.
Au menu : une interview intimiste de Sarah Poniatowski, qui se livre sur son rapport à notre belle endormie, une plongée dans le téléphone du DJ Mosimann, et bien d’autres… Vous y découvrirez une panoplie de sujets culturels, actuels et pétants, sans jamais quitter Bordeaux des yeux.








